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Article paru dans MAGAZIN'ART
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![]() Tourbillon de feuilles, huile 36 x 24 po.
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Louise Falstrault Louise Falstrault aurait bien voulu faire les Beaux-Arts, mais elle y a renoncé faute d’obtenir l’accord de son père. Elle rêvait pourtant de devenir peintre, ais elle ne pouvait imaginer qu’il était possible d’y accéder sans être passée par cette école mythique. Elle a pourtant tenu, pendant ses études, à garder entrouverte la porte des arts visuels en trouvant un emploi au Musée d’art contemporain. Mais ce n’était pas le genre exposé sur ces cimaises qu’elle rêvait de s’exprimer. Une fois établie à la campagne, dans cette Petite-Nation dont elle parle avec amour et attachement, elle a opté pour le paysage. Depuis cinq ans, elle a visité de nombreux symposiums; elle a aussi participé à plusieurs autres. Il s’agissait pour elle de se convaincre qu’autodidacte peut rimer avec professionnelle. De mettre à l’épreuve sa conviction que le figuratif a autant de valeur que l’abstrait. Et, fidèle à elle-même, elle a surtout décidé de faire ce qu’elle aimait. Georgette Pihay, juge à un symposium auquel elle participait, lui a donné un conseil qui n’est pas tombé dans une oreille inattentive : « Peins ce qui te fait plaisir ». Et vint ensuite l’encouragement de Louise Kirouac : « Fonce, vas-y ». Elle les a écoutées. Un peu avant la septième tournée des Créateurs de la Petite-Nation, en Outaouais, je me suis rendue à l’atelier de Louise Falstrault. C’est là qu’elle dit réussir ses meilleurs tableaux. Elle peint parfois sur le motif pour les besoins des symposiums. Mais elle a recours a d’autres sources d’inspiration : des photos et esquisses glanes au cours de ses voyages. Après la cueillette, c’est le recueillement, le temps du silence et de la gestation. Puis le moment venu de prendre la craie blanche — une réminiscence de ses années d’enseignement peut-être — afin de tracer quelques vagues lignes droites et beaucoup de courbes sur un Isorel recouvert de deux couches d’acrylique brun pâle. Et c’est dans son atelier largement vitré, où flottent des odeurs d’encens qu’elle s’accorde ce temps. L’intérêt que les visiteurs portent a l’œuvre de Louise Falstrault ne se dément pas. Ils veulent savoir quels sont les sites précis qui ont inspiré telle ou telle toile. Ce à quoi elle s’empresse de répondre que c’est inspiré de Baie-Comeau ou du lac Monroe au Parc du Mont-Tremblant, ou d’une plantation. Et elle insiste sur le mot inspiré. En effet, Louise Falstrault joue avec les éléments et les coordonne au gré de sa vision. Les couleurs, elle les adapte aux sentiments et émotions du moment : la montagne peut être rouge ou bleu pâle, selon son humeur, selon ce qu’elle a vu la veille au coucher du soleil qui baisse en face du grand champ de pommes de terres, tout près de chez elle. Elle ose des arbres violets, leur oppose de petites étendues de vert brillant; elle jouer avec les bleu-vert dans la rivière, ou fignole un sentier entre l’orangé et le rosé. D’instinct elle a toujours su mêler les couleurs, qu’elle s’amuse à étendre sur une palette rectangulaire de Plexiglas qui, à la fin de la journée, ressemble à une oeuvre abstraite. Même après avoir visité le Bic, la mer à Cape Cod et, dernièrement, les Rocheuses, Louise Falstrault continue à privilégier les paysages sauvages où elle risque l’intimité avec des plans rapprochés. Son œil d’artiste sait bien entendre le ruisseau qui coule, sentir le printemps ou la fin d’été, voir l’écorce rougir le soir ou le petit hêtre s’obstiner à garder l’orange brûlé de sa feuille d’automne. Encore et encore, dansant sous le vent et riant sous le soleil du matin qui se lève derrière sa maison, elle veut peindre les grands pins rouges dans lesquels elle m’a invitée à me promener. Que ce soit la mer, un lac ou un ruisseau, l’eau la fascine comme l’ombre et la lumière d’une même énergie. Quelquefois, pour créer un climat différent, elle peint un village ou quelques bâtiments et maisons. Une oeuvre intimiste où elle offre le meilleur d’elle-même avec la seule intention d’être vraie et de partager un moment privilégié. Le carton qu’elle distribue pour sa publicité suggère un texte qu’elle a elle-même écrit et qui décrit bien ses tableaux : « Le vent, l’eau, la montagne et la forêt m’habitent. Ma peinture est un long voyage au cœur de la nature avec quelques incursions dans le monde habité pour revenir en toute liberté vers le paysage : sa noblesse, sa sérénité et ses beautés sauvages ». Louise Falstrault peint surtout l’après-midi. Les matinées sont consacrées à la mise en marché ou à des appels à des amis artistes et artisans pour mettre la touche finale à la prochaine tournée des Créateurs de la Petite-Nation dont elle fait partie. Ou encore pour préparer la future exposition aux Archives nationales de Gatineau. Ou bien à regarder les revues, à feuilleter le dernier livre de Bruno Côté avec qui elle a pu passer une soirée, à choisir les toiles qu’elle enverra à ses galeristes. Et comme Louise Falstrault est d’abord et avant tout une femme chaleureuse et accueillante, il lui arrive même de pousser le souci des autres jusqu’à allumer un petit feu de cheminée dans sa nouvelle salle d’exposition pour les clients qui s’annoncent. Parler à sa chatte ou brosser son chien la ravissent. Louise Falstrault n’est pas une grande disciple de l’organisation rigoureuse. Elle aime laisser place à l’aventure. Une femme libre, une artiste colorée.
Elle est inscrite dans le Répertoire biennal des artistes
canadiens en galeries publié par MAGAZIN’ART.
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